La dame à la belle bouche
C’est le début de mon séminaire de formation annuel, je ne suis pas en avance quand je sors du métro. Je file entre les tours de verre et de métal jusqu’à l’accueil du centre, convocation, badge en plastique, sacoche, tout au fond à gauche, d’accord. La salle n’est pas encore pleine, ça va. Un bref coup d’oeil m’indique qu’elle est plus féminine que la précédente, agréable surprise. Je suis d’humeur studieuse, j’ai les dents longues et la soif d’apprendre, je m’installe au premier rang face au bureau du prof. Et aussi à coté de la plus jolie nana, je jure que c’est une simple coïncidence votre honneur. Ou alors c’est cette bouche très rouge qui m’aura guidé comme un naufrageur sur les récifs du Not Safe For Work.
Premier jour, je la guette du coin de l’oeil, entre les slides qui s’enchaînent, bullet lists et schémas à grosses flèches. Mince, brune, cheveux longs, typée légèrement Arabe, ce que me confirme les patronymes sur son chevalet. Probablement Marocaine me diront Google et Facebook le soir venu, bac + 5, 37 ans, je lui aurais donné tout juste trente, je n’en saurai pas plus, elle ne laisse pas filtrer grand chose, ou alors je suis mauvais stalker, les deux sans doute.
Le lendemain ça se déride un peu. Exercices de groupe et pauses cafés, j’apprends qu’elle est enceinte de son deuxième. Porte son nom de jeune fille malgré la bague à l’annulaire. On parle boulot, échanges d’expérience autour de la formation, enfants et carrière, moi je regarde sa bouche qu’elle a redécoré assise à coté de moi le matin, étroite et charnue. Je suis concentré sur ce qu’elle dit mais la nuit suivante, réveillé à quatre du matin, je me branle en y pensant. Je nous imagine s’esquiver vite fait aux toilettes pour s’embrasser, en cachette, et surtout coller nos bassins, je l’imagine un peu anguleux, j’imagine sa toison brune quand je lui mets la main dans la culotte. Et puis j’imagine qu’elle me suce, à genoux, aspirant le fond de mes couilles avec l’adresse d’une porn star, en me regardant comme une petite trainée.
Troisième et dernier jour, elle agrémente ses bottes d’une jupe et de collants, toute en noir depuis le début. J’aperçois enfin la fine dentelle de son très sage décolleté entre les pans de son foulard, pas la moindre courbure de poitrine à l’horizon, ses jumeaux resteront bien cachés du début à la fin. Moi aussi je fais quelques efforts de toilette, et je peste intérieurement de l’indigence de ma penderie. Je te mate, tu me mates, le premier de nous deux qui qui se fait gauler détournera les yeux. On discute des formations suivantes. Je note son email sur les fiches d’appréciation, bien sûr je ne m’en servirai jamais. On est quelques uns à traîner dans le hall à tailler le bout de gras avant de partir, il pleut dehors, puis on passe le sas cylindrique, on se salue, elle me dit « à l’année prochaine peut être ! » avec un grand sourire.
- Des fantasmes, de l’encre projetée en jets saccadés pour souiller cette belle page blanche, offerte, lisse et lascive. De la pornographie textuelle, pour essuyer mes perversions dans le tissu de vos culottes.
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